Paul Otlet - La cité mondialeUne cité mondiale, humaniste et pacifiste A partir de 1910, Paul Otlet, fondateur du Mundaneum, marque sa volonté de concrétiser une cité mondiale. Celle-ci se distingue par son ambition pacifiste. L'idée est de regrouper, en un lieu unique au monde et apatride, les institutions politiques, associations internationales, centres de savoirs, en vue de prendre des décisions d'envergure internationales et d'éviter, en ce siècle de tensions, l'inévitable. Ce centre comprendrait également le Mundaneum qu'Otlet perçoit comme une « machine à penser le monde ».
Le projet certes ambitieux, atypique et qui se veut concrétisable prendra d'abord la forme d'une pseudo cité antique et centre de communication mondiale sous le crayon de l'architecte norvégien Andersen. Projetée aux quatre coins du monde pour une population de maximum un million d'habitants, la ville s'organise autour de l'avenue des Nations réunissant le centre d'art, le centre scientifique au centre olympique. Du haut de ses 320 mètres, La Tour du Progrès symbolise l'Amour et la Fraternité liant les nations.
Malgré l'abandon d'Andersen et une période difficile pour le Mundaneum, qui est expulsé de ses murs à Bruxelles, Otlet perdure dans son dessein en faisant appel à l'avant-gardiste Le Corbusier. Les deux hommes revisitent le projet à partir de 1928. Le vocabulaire architectural novateur de Le Corbusier transforme le projet premier par un modernisme foudroyant. Surplombée par une pyramide à sept gradins inspirée des ziggourats de mésopotamie, le cœur de la cité rassemble les « architectures du Savoir » chères à Otlet. Divisée en six zones, la cité adaptable est destinée à être implantée à Genève, ville refuge depuis le XVIe siècle. À l'image de la Société des Nations, elle se doit d'être l'instrument pratique de la coopération internationale dans tous les domaines, symbole de l'unité politique, économique, sociale, intellectuelle ou religieuse des hommes.
Malgré la passion et la fougue des deux hommes, l'établissement de la cité mondiale à Genève restera vain. Otlet se tourne alors vers la Belgique. De Tervueren à Anvers, Victor Bourgeois, Stanislas Jasinski et Heymans notamment redessinent inlassablement les plans d'une cité unique et combien utopique. Obsédé par son projet, Paul Otlet adresse en vain des requêtes aux hommes politiques les plus influents de son temps, et y travaillera jusqu'à sa mort en 1944.
Ce fonds a fait l’objet d’un classement par la formation en classement d’archives organisée par le Mundaneum et le Fonds Social Européen en 2002-2003.
Le fonds Cité mondiale est composé de 23 caisses à archives, reprenant principalement les notes et esquisses de Paul Otlet, sa correspondance avec les principaux architectes qui ont collaborés au projet; les plans des différentes grandes étapes, des publications contemporaines aux projets.
Dans un souci de préservation, le fonds est en cours de numérisation.
Toute consultation de documents s’effectue sur rendez-vous. La salle de lecture est accessible de 9.00 à 17.00.
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