La Cité MondialeA la même époque, vers 1920, alors que son Musée mondial vient enfin d’ouvrir ses portes, Paul Otlet pousse l’ambition plus loin et relance sa campagne en faveur, cette fois, d’une Cité Mondiale.
Placée sous l’égide de la Société des Nations, celle-ci bénéficierait d’un statut d’extraterritorialité, rassemblerait l’ensemble des institutions intellectuelles, économiques et politiques du monde. L’idée de l’architecte norvégien Andersen constitue le point de départ de ce projet, mais c’est vers Le Corbusier qu’Otlet se tourne ensuite, marquant ainsi sa préférence pour une architecture résolument moderne. Avec ce nouveau partenaire, il conçoit la Cité comme «une institution qui soit à la fois Quartier Général pour les associations, Congrès, libres mouvements internationaux et Centre scientifique documentaire, éducatif, réalisant au degré mondial, et avec la collaboration des organismes officiels, les cinq grandes institutions traditionnelles du travail intellectuel : Bibliothèque, Musée, Associations scientifiques, Université, Institut. » Des gouvernements s’intéressent semble-t-il au projet que l’on propose d’implanter à proximité de Bruxelles, Anvers puis Genève ; utopie par excellence, la Cité ne sera finalement jamais réalisée.
A partir de 1924, même le Palais Mondial-Mundaneum et les associations qui le constituent vont subir une série de revers, le déclin semble imminent et pourtant, Paul Otlet continue de se battre et de défendre coûte que coûte dans une sorte de frénésie le dessein qu’il a conçu. Il meurt en 1944 et sur sa tombe figure l’épitaphe qu’il avait souhaitée : « Paul Otlet. Il ne fut rien, sinon Mondanéen ».

Un Centre Mondial, projet de Hébrard et Andersen
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